« L’objectif de vie », une étape cruciale et incontournable du dispositif coaching de vie.

L’élaboration et la validation de l’objectif de vie est une étape décisive, comme a pu l’être précédemment la clarification des besoins fondamentaux de la personne accompagnée. Ces moments forts d’une mission de coaching de vie sont autant des relais de sens que des temps énergétiques puissants. Ils constituent la colonne vertébrale de la mission, sans oublier l’espace de consolidation en fin d’accompagnement.

L’objectif de vie est la pierre angulaire du dispositif en coaching de vie. Il rassemble et contient en lui tout ce qui mobilise, pousse et dynamise la personne coachée vers son futur. Il la soutient dans son rapport à ses capacités et à ses ressources, qu’elles soient conscientes, méconnues ou en devenir.

L’objectif de vie inscrit la personne coachée dans un mouvement focalisé qui va de l’avant. Lorsqu’il se valide, il s’impose alors au client comme une évidence.

Les thèmes clés abordés dans cet article sont les suivants : La place cruciale de l’objectif de vie dans le processus d’accompagnement. L’objectif de vie : un lien entre un besoin fondamental identifié et la mise en forme de ce dernier dans une situation projetée et espérée.

Question : Vous portez une attention toute particulière à cette étape de l’objectif. En quoi est-elle si importante ?

Réponse : Je rappelle que le dispositif relationnel du coaching de vie s’articule autour de quatre étapes toutes aussi importante les unes que les autres. Premièrement, recevoir et accueillir une personne en situation « d’insatisfaction » et dotée d’une demande qui motive sa présence à un premier rendez-vous. Deuxièmement, l’accompagner à clarifier ses besoins fondamentaux, puis troisièmement cheminer à ses côtés jusqu’à ce qu’elle élabore et valide son objectif de vie. Et quatrièmement, une fois l’objectif de vie réalisé, la personne coachée constate les bénéfices collatéraux obtenus tout au long de son parcours. L’ensemble de ce dispositif constitue la colonne vertébrale d’une mission de coaching de vie.

Puisque votre question porte plus particulièrement sur l’objectif de vie, je dirai que cette étape est l’occasion pour la personne coachée, de mettre en projet, en lumière, en perspective et en mouvement, un besoin identifié comme fondamental, ce par quoi elle doit passer pour transiter entre une situation insatisfaisante et une situation future espérée.

En quelque sorte, l’objectif de vie est le lien entre un besoin vital et sa mise en œuvre opérationnelle donnant ainsi du sens à son existence.

Q : L’objectif de vie est comme un but à atteindre ?

R : L’objectif de vie est à considérer comme un moyen sur un chemin de vie et non un but en soi. L’objectif de vie aide à concrétiser, à incarner le sens que le coaché souhaite donner à sa vie. Il participe à la construction d’un chemin sur lequel la motivation et la mobilisation des ressources conscientes et inconscientes jouent un rôle catalyseur.

Q : Pouvons-nous dire que l’objectif de vie est un moyen de maximaliser les ressources à disposition ?

: Oui. La personne coachée, grâce à l’objectif de vie posé et validé, s’offre la condition maximale de tirer le meilleur parti de ses ressources face à la situation souhaitée et espérée.

Q : Quelque chose me dit qu’élaborer et valider un objectif de cette nature n’est pas chose facile…

R : Il est vrai qu’élaborer, poser et valider un objectif de vie dans le cadre d’une mission de coaching de vie est un processus vécu comme quelque chose de vital, d’essentiel. Et de fait, ce processus ne se déroule pas sans faire naître des vagues émotionnelles et des montées de sensations troublantes. La mise en mots, le lien permanent avec la profondeur de l’Être, l’élaboration parfois tâtonnante, laborieuse voire résistante d’une phrase clef, provoquent une onde de choc chez le client lorsque l’objectif de vie lui apparaît en clair devant les yeux.

Q : L’objectif de vie fait l’objet d’une mise en mots, d’un passage par l’écriture ?

R : L’écriture donne forme à une parole souvent fugitive et précaire. Ce qui se trace et s’écrit participe à l’avancée de la pensée et laisse une empreinte sur le parcours emprunté par le raisonnement, les émotions et les sens. D’ailleurs, une fois l’objectif de vie validé, il fait l’objet d’une transcription sur le contrat entre coach et coaché.

Q : Revenons à l’onde de choc éprouvé souvent par le client à la lecture de son objectif de vie validé. Que s’est-il passé alors pour la personne coachée ?

R : La réponse à cette question lui appartient totalement. Cela reste souvent un mystère… Quel chemin intérieur emprunte la personne accompagnée ? Quel méandre poursuit-elle ? Par quel lien de cause à effet la personne coachée aboutit à telle ou telle évidence pour elle ? Entre nous, est-ce si important que tout se révèle, se donne à voir, à comprendre, à cette occasion ? Je ne le crois pas… L’essentiel est que la personne coachée aboutisse à un objectif de vie qui donne et qui fait sens pour elle au point de mobiliser toute son ardeur, toutes ses ressources, toute son âme afin de le réaliser et de l’incarner.  Le processus, partant d’une demande initiale passant par l’éclosion d’un besoin vital, poursuivant son chemin jusqu’à l’élaboration et la validation d’un objectif de vie, témoigne de la puissance et de la profondeur de quelque chose qui œuvre, ou plus précisément qui est en œuvre

Q : A vous entendre, il y a une profondeur insoupçonnée dans ce processus…

R : Oui, incontestablement, il y a de la profondeur dans ce cheminement. A partir d’une demande originelle, qui souvent s’amenuise au fil des heures, voire se dissipe au point même de disparaître, un besoin essentiel, un besoin existentiel surgit. Ce besoin existentiel convoque l’entièreté de la personne et se pose comme la priorité absolue du moment. La priorité évidente en quelque sorte… Ce besoin surgissant passe rarement par la pensée rationnelle, explicative… Il fait irruption dans l’instant. Il y a « un effet de conscience ». Comme s’il avait déjoué les pièges de la logique, les chicanes ordinaires de la pensée, les habituels points de contrôle et barrages de l’égo, du « moi conservateur » peu enclin à des modifications, à des révélations et encore moins à des possibles transformations, le besoin existentiel si longtemps contenu, jaillit, s’échappe alors de son carcan pour se révéler, soudainement, parfois brutalement.

Et c’est ainsi que la mise en mots « d’un besoin existentiel projeté dans une situation future » devient à l’évidence un projet de vie, dont l’objectif de vie concentre à lui seul toute l’énergie, la puissance et la force de vie détenue à cet instant par la personne coachée.

Q : C’est puissant…

R : Incroyablement puissant ! Et cette puissance venue du fond de l’Être, lorsqu’elle se fait jour, est d’une grande beauté… Cet objectif de vie donne ainsi du sens au présent comme au futur. Il fait de celui-ci un avenir désiré. L’objectif à réaliser devient en soi un programme. Le client perçoit à cet instant que l’important est tout à la fois de « comment faire pour l’incarner » et « être » en conscience, dans toutes ses dimensions : corps, âme, esprit…

Q : Le « comment faire » m’intéresse

R : J’entends bien ! Mais le danger est grand d’effectuer un virage à 180° et d’aborder sans préliminaire le « comment faire » … Il m’apparait essentiel de répéter que c’est de façon globale, dans la dimension de l’Être, que le cheminement s’effectue. Le danger, et l’emploi de ce mot n’est pas évoqué à la légère, est de croire, ou de se rendre à la facilité, que le processus visant à élaborer comme à réaliser l’objectif de vie relève d’une simple programmation logique et rationnelle. Bien sûr, ce cheminement appelle à des étapes, à des moyens, à des capacités et à des potentialités à la fois conscientes mais aussi méconnues. Pour ne pas que le poids d’une méthode qui inévitablement va s’imposer à un moment du parcours ne vienne alourdir dangereusement la perception du mouvement de l’Être, le rappel à ce qui est sensible et juste pour la personne doit rester une constante de l’accompagnement. Le « comment être » et ce qu’il est dans l’instant…

Q : Cela suppose pour le coach de vie de tenir une posture…

R : Et de sans cesse cultiver sa posture, la questionner, la nourrir, l’émanciper, l’épurer ! Ce travail intérieur débouche naturellement sur une attention à soi-même en tant que coach de vie, au renoncement à un savoir pendant l’accompagnement, à l’affranchissement d’un vouloir pour l’autre. La bienveillance adviendra alors au cœur de la relation accompagnant(e) / accompagné(e).

Il appartient au coach de vie de ramener l’accompagnement sans cesse à l’Être, à ce qui est sens pour la personne coachée. Et de maintenir une posture lui permettant d’entendre la personne dans son entièreté, dans son mouvement intérieur et de l’accompagner telle qu’elle est, là où elle en est, et là où ses besoins existentiels l’orientent.

Q : L’objectif de vie est une façon pour la personne coachée de se mettre en projet elle-même ?

R : En effet, l’objectif de vie est une opportunité pour elle de se raconter, de s’entendre aussi, de se recevoir, de s’accepter dans ses besoins profonds, de se réaliser, et souvent de se reprendre en main.

Q : Reprendre en main sa vie ?

R : Et peut-être même son existence ! La vie nous est accordée. Notre existence, nous la façonnons, nous l’incarnons, c’est de notre responsabilité.

Q : Je ne percevais pas à ce point la signification et la portée d’un objectif de vie dans le cadre d’une mission de coaching…

R : Je précise, si vous le permettez, dans le cadre d’un coaching de vie ! Car il y a « coaching » et « coaching de vie ». Mais nous verrons cela plus tard si vous le souhaitez.

Revenons à l’objectif de vie… Il est dans un premier temps le reflet, la projection dans le futur d’un « besoin d’être ». Mais c’est aussi une lame de fond qui prend consistance. Le processus amenant à l’élaboration, à la clarification et à la mise en mots de l’objectif de vie n’est pas simplement un programme mais une histoire, la Grande Histoire, celle qui par sa singularité et sa profondeur ne passe pas incognito, si je puis dire ! Son souffle et son intensité ne laissent pas insensibles l’accompagné(e) comme l’accompagnant(e)… Mais c’est sans oublier que la dimension de l’œuvre en cours, toujours si singulière, n’est possible que si le coach de vie, dans le déploiement d’un savoir-être, reçoit, accueille, perçoit et entend LA PERSONNE exprimant ses besoins profonds, grâce auxquels elle pourra élaborer, poser et valider son objectif de vie. Ce dernier apparaît comme le levier de quelque chose de plus grand encore, de plus signifiant. Régulièrement, cette dimension surprend le professionnel et…émerveille le client. Elle est le lieu de belles rencontres avec soi-même et d’épanouissantes inspirations…

Q : Serait-il juste de dire que l’objectif de vie est d’une certaine manière la possibilité pour l’Être d’incarner ses aspirations du moment ?

R : C’est juste en effet. L’objectif de vie est le creuset dans lequel l’Être s’invite, se pose, et d’une certaine façon et partiellement, prend forme et consistance. Sans oublier bien sûr, que cette forme d’incarnation est en lien avec un contexte et une situation. Cette dernière précision est essentielle car l’objectif de vie n’est pas un projet hors-sol ! Si je puis dire, il « colle » à l’évènement situationnel auquel la personne coachée est confrontée.

Q : Est-ce que l’objectif de vie peut-être l’objet de jeux relationnels inconscients ?

R : Oui, comme d’ailleurs chaque étape du coaching de vie. Concernant cette phase cruciale d’élaboration et de validation, certains coachés par exemple, testent la capacité du coach de vie à être le garant de ce processus. La personne coachée va-t-elle se livrer intimement, évoquer des besoins profonds extrêmement sensibles et impliquants pour la suite de son existence sans vérifier, le plus souvent inconsciemment, si le coach de vie « tient bon la barre » du dispositif ? Être en sécurité relationnelle et ontologique, contenue par un cadre clair et explicite solidement maintenu par le coach de vie est essentiel pour la personne accompagnée.

Mais c’est sans compter également que certains clients trouvent plus « confortable », inconsciemment toujours, de ne pas se donner les moyens de poser un réel objectif. Peut-être afin de déjouer un temps de vérité… Il arrive que certains clients disent leur contentement à pouvoir cheminer de-ci et de-là, au gré de leurs humeurs et de leur météo intérieure en oubliant opportunément l’étape de l’objectif de vie !  « Mon client trouve de la satisfaction dans ce questionnement personnel » objecte un coach de vie en supervision… Mais c’est oublier que le coaching de vie est bien plus qu’un développement personnel. Et je rappelle volontiers que le coaching de vie, s’il participe à une meilleure connaissance de soi, est surtout un cheminement d’évolution, de changement et de transformation. Et l’étape d’élaboration, de validation et de mise en œuvre de l’objectif est capitale pour incarner un réel changement dans son existence. Sans la réalisation de celui-ci, la personne accompagnée peut rêver toute sa vie son existence sans jamais l’incarner !

Mais soyons aussi lucide, côté coach, il arrive que celui-ci soit également en difficulté pour être garant du déploiement de cette étape. Pourquoi ? Parce qu’elle questionne aussi, par un jeu transférentiel, le fonctionnement intérieur de ce dernier.

Répétons que tenir le cap vers l’objectif et son rappel systématique par le coach de vie, est une des clefs du succès de la mission.

Q : Et en conclusion…

R : L’objectif de vie est le creuset dans lequel l’Être s’invite, prend forme et consistance. L’Être se met en acte grâce à l’élaboration de l’objectif de vie et à la mobilisation des ressources pour le réaliser et l’incarner. Il ne doit en aucun cas, être remisé dans l’ombre, mis à distance, voire pire, « oublié » !

Le coaching de vie est un espace et un dispositif pour « être et laisser naître » ce qu’il y a de plus précieux en soi. La mise en œuvre de l’objectif de vie sur le terrain et sa réalisation pleine et entière, constitue une étape essentielle vers le changement…

Roger DAULIN Superviseur coach de vie FCV

A retenir :

  • L’élaboration et la validation de l’objectif de vie est une étape essentielle dans le déroulement d’une mission de coaching de vie.
  • L’objectif de vie, une fois validé et notifié dans le contrat de mission, inscrit la personne coachée dans un mouvement qui va de l’avant.
  • L’objectif de vie est un moyen de focalisation des ressources. Il joue un rôle de catalyseur.
  • L’objectif de vie est une mise en mots et en actes d’un besoin existentiel projeté dans une situation future.
  • Il constitue une étape essentielle vers le changement.

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